Dépassée par les évènements, je prends le large, à bord d’un paquebot de croisière aux couleurs vives, qui ravivent tant de souvenirs. Entre les soirées dansantes aux tubes des années 80 attrayantes et la pop music actuelle, j’hésite largement.
A vrai dire, j’apprécie beaucoup les rythmes endiablés des chansons qui bercent nos étés, et qui reviennent chaque année. Macumba et Sea Sex and Sun reviennent toujours au grand galop dans nos platines. Pas de surprises. Un hit country entre deux et l’on retrouve, pour notre plus grand bonheur, les Beatles, Rolling Stones et Led Zepp. Osez ensuite me dire que Tokio Hotel se classe dans le rock !
Si je vous présente Nirvana et Indochine, changerez vous peut-être d’avis, les minettes… Mais j’oubliais… Il vous sera impossible de tendre vos soutiens gorges numérotés au guitariste des groupes antiques que vos parents écoutaient en 68… Et je doute que le chanteur charismatique d’Indo soit sensible à vos petits 80 A… Quel dommage !
Je file dans ma cabine, pour ranger mes valises étiquetées proprement. Il faut bien que je m’installe pour ce séjour musical qui promet d’être grandiose. Je serai peut-être à l’abri des stupidités détonantes que nous ont trouvées les jeunes branchés. A vrai dire leurs couleurs flashys et leurs rythmes démembrés me donnent la nausée… L’aiglon sur leurs tenues déjantées s’envole de peur et fuit… Ca ne m’étonne guère, puisque c’est ce que je fais lorsque j’en croise… Je change de trottoir, et je bifurque… Apeurée. La Tecktonik. Un vrai syndrome de société qui mériterait un psychanalyste attitré et un enfermement en cellule psychiatrique isolée. Et des soins capillaires...
Qu’il fait bon de respirer l’air pur du pont supérieur. L’air marin, le cri des mouettes. Nous sommes encore proche du port où la fête détonne et résonne dans nos tympans. Encore que le bruit soit couvert par celui du petit concert organisé au bord de la piscine. Mika Nakashima nous emporte dans un océan de douceurs aux accents du pays du soleil levant. Je souris et m’approche, bercée par la mélodie douce et divine. Un espoir renaît dans mon cœur désabusé par ces complexités adolescentes. Je me demande encore ce qui me fait le plus peur… Les paroles insipides des jeunes premiers du R’n’b ou les mix étranges des délurés colorés ? Un mélange des deux probablement…
Mes pas me dirigent doucement vers la salle de restaurant, casque sur les oreilles, pour éviter les afflux sonores des bandes d’adolescents criards qui passent à mes côtés. Adolescents ? Enfants plutôt… Des fillettes en mini-jupettes et des badboys de dix ans surviennent de tous côtés en hurlant des paroles sans noms sans sens. Fort heureusement, je suis bien trop occupée à chantonner mes propres textes aux sens vertigineux. Ma playlist est fort longue et je ne pourrais tout vous citer, mais entre autres, Aldebert et Rose se succèdent, jouxtant tranquillement AnCafe et Thiephaine. Vous croiserez sans doute Léo Ferré et Boris Vian, bavardant tranquillement avec Renaud et Phil Collins, si vous ne vous perdez pas avec Kokia…
Ah… La musique !